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Raton laveur, mignon l’envahisseur !

L
e raton laveur, cette espèce exogène est de plus en plus présente dans notre pays sous ses airs de sympathique justicier masqué digne d’un dessin animé se cache un terrible prédateur qui, comme toutes les espèces dites « envahissantes » finit par causer de lourds préjudices aux espèces autochtones.

Reconnaissable au premier coup d’œil, le raton laveur possède une queue touffue composée d’anneaux noirs et gris et d’un bandeau noir caractéristique sur les yeux.
Son nom de laveur provient de son habitude de chercher et capturer ses proies dans l’eau, ce qui donne l’impression qu’il lave ses aliments avant de les manger.

TRÈS PROLIFIQUE

Le raton laveur est un carnivore plutôt nocturne et forestier, qui pèse entre 4 et 12 kg, pour une longueur de 60 à 105 cm queue comprise (20-25cm). Les femelles, qui peuvent se reproduire dès l’âge d’un an, font une portée de 3 à 8 petits chaque année. En l’absence de prédateurs, hormis le renard, le loup et l’homme, la population peut ainsi se développer très vite et devenir problématique.

DE MULTIPLES CAUSES À SA COLONISATION

Il est historiquement très présent dans l’Aisne, mais également dans les Ardennes, en Alsace, en Auvergne et en Gironde. C’est à partir de ces foyers importants, que depuis 15-20 ans il semble accélérer sa colonisation et envahir une grande partie du territoire métropolitain français.

Originaire d’Amérique du Nord, sa présence en France a de multiples raisons :

  • élevages pour la fourrure dès les années 1920 en France et en Allemagne
  • bases de l’Otan où les GI Américains les détenaient comme mascotte
  • parcs animaliers pas assez étanches
  • particuliers en possédant illégalement comme animal de compagnie

UN OPPORTUNISTE

Omnivore, son régime alimentaire est très varié, il sait s’adapter et se montre pour le moins opportuniste. Il fera bombance d’invertébrés de toutes sortes, de fruits, baies, œufs, écrevisses, mais aussi de petits mammifères comme les mulots, mais probablement aussi de lapereaux et de levrauts s’il en a l’occasion.

LE SALUT DANS LA GRIMPE

Friand de maïs, il n’est pas rare de le rencontrer sur les lignes d’agrainage. Sa facilité à grimper dans les arbres fait qu’aucun nid n’est à l’abri, il vient ainsi concurrencer des espèces autochtones, comme la martre et la fouine. Il utilise également sa faculté à la grimpe pour se mettre hors d’atteinte lorsqu’il se sent en danger.

PRÉDATEUR DE NIDS

Au sol bien entendu les œufs sont des cibles faciles pour le raton laveur, comme ils peuvent l’être pour un autre envahisseur, mais celui-ci plus couleur locale, j’ai nommé l’omniprésent sanglier. Le raton laveur n’hésite pas à s’implanter proche de l’homme et profiter de nos nombreux déchets pour assurer sa subsistance.

UNE RÉGULATION IMPÉRATIVE

Il est bien mignon notre raton, mais rapidement il peut devenir très problématique. Considéré comme espèce préoccupante par l’Union européenne, même l’ultra-protectrice LPO semble s’inquiéter de l’impact néfaste qu’il pourrait avoir sur notre biodiversité. Outre le piégeage, la chasse à l’affût permet, en attendant un brocard ou un sanglier, de tirer quelques ratons et ainsi de limiter sa présence sur certains territoires.