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Le Braque Saint-Germain : un sujet royal

A
ncien chouchou de la cynophilie française, le braque Saint-Germain semble aujourd’hui loin des standards à la mode. Partons au cœur même de ses origines en Picardie, à la rencontre de cette race qui mérite toute notre attention.

UNE STAR A LA COUR ROYALE

Ce chien d’arrêt continental, trouve ses racines vers 1830 dans les chenils royaux de la forêt de Compiègne. Issu du croisement de braques français et d’une femelle pointer anglais, la race prend définitivement le nom de braque Saint-Germain au déménagement du chenil de Compiègne vers la forêt de Saint-Germain en Laye. Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, cette race est la plus représentée lors des premières expositions canines, notamment lors de la première exposition française à Paris en 1863.

Sa robe fauve et blanche doit être exempte de noir.

Son crâne est légèrement bombé, en forme d’ogive à l’arrière et à l’occiput saillant, le stop pas trop accentué. Le chanfrein, rectiligne ou très légèrement convexe, est de même longueur que le crâne. A toutes les allures la tête est portée légèrement au-dessus de la ligne du dos, jamais en dessous.

Il est tous-terrains, que ce soit au bois, au marais ou dans les grandes plaines.

UN CHIEN COMPLET

Chasseur avant tout, le braque Saint-Germain est un chien très sociable et équilibré. Il sait s’adapter aux différents milieux et aux gibiers qu’il rencontre, aussi à l’aise au faisan qu’à la perdrix ou sur bécasse. Il affiche une quête régulière et souple et un arrêt des plus fermes.

Il rapporte le gibier en toute délicatesse.

PAROLE DE DRESSEUR

Sébastien Vanbremeersch, dresseur de chiens d’arrêt, installé dans la Somme, connaît bien le braque Saint-Germain. « Ce sont des chiens qui marchent à l’affect, comme pour les sportifs de haut niveau la relation avec le coach est primordiale dans l’obtention de résultats ».

Une dizaine de braques Saint Germain sont passés entre les mains expertes de Sébastien Vanbremeersch.

Pouvant être qualifiés parfois de lunatiques, il est nécessaire d’être doux et patient avec eux. Si d’autres races supportent un dressage plus « dur », le Saint-Germain doit tout d’abord nouer des liens d’amitié avec son dresseur, c’est un “susceptible”.

Très sensible, il faut le dresser en douceur.

Sébastien invite à laisser faire le chien dans les premiers temps, de lui faire voir des oiseaux sans contraintes et ainsi lui donner la passion du gibier. « Une fois cette passion bien développée, commencera le dressage, progressivement et toujours sans brutalité. Un point fort de cette race réside dans le fait que lorsque le dressage est assimilé, il remet rarement en cause ses acquis.  Très bon compagnon de maison, il trouvera forcement sa place au cœur de la famille ».

La sagesse à l’envol, un impératif de dressage.

PRESERVATION DE LA RACE

C’est sous l’égide du C.B.S.G (Club du braque Saint-Germain) club officiel affilié à la Société centrale canine, que les passionnés de la race sont regroupés depuis sa création en 1913. Le braque Saint-Germain est aujourd’hui devenu une race rare, quasi exclusivement franco-française. Il existe quelques individus à l’étranger, mais la reproduction y est anecdotique.

La race ne foule pour ainsi dire que le sol français, sa présence à l’étranger étant anecdotique.

Les reproducteurs venant tous de France, le problème de la consanguinité se pose. La « retrempe » désormais autorisée avec les pointers atténue cette problématique, sans toutefois assurer l’avenir de la race. En France, le nombre de naissances annuelle est en moyenne d’une quarantaine, ce qui est bien peu si l’on repense au succès qu’avait cette élégante race il y a 150 ans. On estime le nombre actuel d’individus inférieur à 500 chiens LOF.

Prendre soin du braque Saint-Germain, c’est préserver un pan du patrimoine génétique national.

  • Contact : Sébastien Vanbremeersch

    Dresseur de chiens d’arrêt
    60 rue saint Georges
    80700 ROYE
    Tél : 06 43 83 81 05
    [email protected]