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Hugo Bardou, Graine de champions

L
a lignée des Bardou est renommée pour ses prouesses au ball-trap. Avec la troisième génération, celle d’Hugo, le fils de Charles, la relève est amorcée.

Hugo Bardou a 12 ans, c’est à dire l’âge minimum, pour obtenir une licence FFBT. Quelle ne fut pas sa joie lorsque Martine, sa grand-mère, la lui remit ! Ce jour-là, ses grands-parents ont partagé son émotion d’accueillir un nouveau membre dans leur propre club : Les Bruyères de Tours. Souvenons-nous que Didier Bardou, son grand-père, fêtera bientôt le demi-siècle du ball-trap. Il est ouvert depuis 1973. Ce stand, il le dirige d’une passion jamais émoussée. Quant à Martine, son ‘’épouse-secrétaire’’, « Il y a 30 ans, j’ai élu ici ma deuxième maison », se souvient-elle.

Bébé, Hugo accompagnait déjà Charles, son père, dans ses compétitions.

« Tout est joué avant que nous ayons 12 ans »

D’ores et déjà, les premiers résultats d’Hugo en compétition donnent raison à Charles Péguy (1873-1914) qui écrivait : « Tout est joué avant que nous ayons 12 ans ». D’ailleurs, rapidement, il se pourrait bien que l’on retrouve Hugo au côté de Charles, son père, sur les plus hautes marches des podiums internationaux. Ce serait un cas sans précédent dans l’histoire des tirs au fusil de chasse. Le proche avenir nous le dira. « Bon sang ne saurait mentir », a-t-on coutume de dire

Avant même de tirer ses premiers plombs de carabine à air comprimé, à 5 ans, Hugo avait déjà un goût affirmé pour les belles répliques, comme cette carabine Winchester à levier de sous-garde.

Une Ascendance de Champions

En ce sens, il faut reconnaître qu’Hugo a de qui tenir, lorsque l’on feuillette les curriculums de ses ascendants. Rappelons que Didier, son grand père, a remporté le titre de champion de France de fosse universelle (2e série), à Megève en 1978.  En plus de son expérience, ses enfants et petits-enfants, ont bénéficié de sa pédagogie reconnue de l’enseignement du tir au fusil de chasse.

Son grand père Didier est reconnu comme l’un des meilleurs enseignants du tir. Hugo a eu très jeune des cours particuliers.

En témoignent, les titres de David, son oncle, chasseur et tireur émérite, commercial pour un célèbre armurier et bien sûr ceux de son père Charles Bardou, qui a conquis à ce jour, 4 titres de champion du monde de Compak Sporting, et un titre de champion du monde junior de parcours de chasse. Pour n’en citer que quelques-uns.

En 2014, les deux frères Charles et David se sont retrouvés sur un même podium. Hugo rêve de les y rejoindre à son tour.

Rabbit à la .410

Avec une telle ascendance, on comprend comment Hugo est tombé tout petit dans la ‘’marmite’’ du tir. Pourquoi aussi, à 12 ans, son vêtement préféré n’est pas un sweat à capuche d’une équipe de foot ou de basket, mais son gilet de tir brodé avec ses initiales. Lors de notre rencontre au Sologne Shooting Club, au cours de la discussion, Hugo sortit de sa poche, ce qui nous fit penser à une sorte de totem, une boîte de plombs pour carabine 4,5 millimètres. Nous l’avons identifiée aussitôt, cette boîte de 500 plombs un peu rouillée. Nous sommes en effet nombreux, enfants, à avoir chargé notre Diana à air comprimé avec ces plombs, pour tirer notre premier merle.
« J’ai commencé à tirer à l’âge de 5 ans avec papi et papa à la carabine à air comprimé. Ensuite, j’ai cassé mes premiers rabbit à la .410 », précise Hugo.

Le vêtement préféré d’Hugo, son gilet de tir à ses initiales !

Quand on lui demande ce qui lui plait dans le ball-trap, il répond sobrement, « C’est mon sport, j’aime bien voir un plateau casser, un oiseau tomber ». Et en plus de la passion familiale pour le tir, il a aussi hérité le goût de la chasse, et attend avec impatience ses quinze ans pour passer son permis.

Fusil Perazzi et cartouches Fob, comme papa

Hugo a formé son œil à la lecture des trajectoires des plateaux au Paris Shooting Club où son père Charles à longtemps officié « Tout petit, casque sur les oreilles, je suivais beaucoup papa quand il donnait des cours », raconte-t-il. Cette imprégnation visuelle est une excellente école de tir de chasse. Comme chez ces « pulleurs » qui un jour décident de se mettre au tir et obtiennent rapidement d’excellents résultats.

Regards croisés, Hugo s’est formé au tir en observant son père, aujourd’hui il progresse sous les yeux de ce dernier.

Maintenant, Hugo est passé aux travaux pratiques. Et, même s’il continue de faire des cartons avec sa carabine à air comprimé, il tire surtout avec son Perazzi MX8 Sc3. Dénichée par son oncle chez un armurier, cette arme se trouve être la même que celle avec laquelle son père tirait au début de sa carrière. Ce fusil de calibre 12, du fait de son poids et de son inertie, a l’avantage d’avoir un recul assez faible, pas du tout traumatisant pour ce jeune adolescent; en particulier chargé avec la cartouche Fob Shooting School de 21 grammes.

Tel père, tel fils l’avenir nous le dira.

EN 2021: Premier podium au championnat de France à 12 ans !

Les résultats d’Hugo ne se sont pas fait attendre, puisque l’été dernier il a terminé troisième du championnat de France de parcours de chasse à Signes (Var). Soulignons qu’à 12 ans il concourt dans une catégorie, celle des cadets, avec des garçons qui ont parfois jusqu’à 4 ans de plus que lui. Autant dire un monde à cet âge. A l’occasion de cette compétition Hugo a fait preuve d’une rare détermination. En compétition, Hugo tire les cartouches Fob aux initiales de son père :  des CB piston, et le reste en CB bourre à jupe.

En compétition, Hugo bénéficie des conseils experts de son père.

Son accession à la troisième marche du podium n’est pas sans rappeler la reconquête du titre de champion du monde de Compak Sporting de son père en 2019. En effet, au dernier jour du championnat de France, Hugo ne se destinait pas à rafler une médaille. Il ne doit sa victoire qu’à sa rage de vaincre, sa détermination et sa concentration, 3 qualités qu’il tient de Charles qui, quant à lui, remportera cette même compétition avec le score ahurissant de 196/200.

 

Didier, Charles et Hugo, trois générations de tireurs habitués aux podiums.

Un pré-ado pas comme les autres

Alors que la plupart des enfants de son âge préfèrent souvent passer du temps sur leur console de jeux, Hugo lui, n’aime rien tant qu’arpenter les pas de tir, et suivre son père, son oncle ou son grand-père à la chasse. Ceci en fait indéniablement un enfant atypique, et ne manque pas de surprendre certains de ses camarades de classe ou professeur. Mais pour rien au monde, il ne changerait cette passion au grand air qui lui donne une mine de capitaine. Outre sa détermination, Hugo partage avec l’immense champion de tennis, Rafael Nadal, la particularité d’être ambidextre. Excellent présage ! Souhaitons-lui une aussi belle réussite dans son sport.