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Déterrage au sort

E
ntre nous les mauvaises nouvelles sont plus fréquentes que les bonnes, et beaucoup plus que les drôles. Aussi avons-nous accueilli avec délectation l’annonce de la création de la journée mondiale des blaireaux, par l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS). Et à en juger par vos commentaires, à la suite de notre article accompagnant cette information capitale, nous n’avons pas été les seuls à pleurer de rire. Mais pour être tout à fait honnête, cette hilarité est un peu infondée. Le blaireau, le vrai, ne mérite pas sa réputation peu flatteuse. Mais pour en revenir à la genèse de cette initiative, rappelons que le plus grand mustélidé de nos contrées n’est plus classé nuisible depuis des décennies, et qu’il n’est par conséquent pas piégeable, mais seulement chassable. Ce devrait être un moindre mal pour les entichés du mustélidé. Que nenni ! Et comme l’animal est nocturne et fouisseur, il est, de fait, quasiment vain d’espérer le chasser à tir.

Ne reste dès lors que le déterrage pendant la saison de chasse, ainsi qu’une période complémentaire accordée par les préfets, au cas par cas, à partir du 15 mai. D’où le choix de cette journée pour marquer cette grande cause nationale. En vérité l’ASPAS ne vise qu’une chose, la protection intégrale du blaireau, en se fichant totalement des conséquences d’un tel statut. Mais le sens des responsabilités importe peu à ceux qui sont convaincus d’incarner le bien contre le mal. On se souvient cependant de leur récente et désastreuse tentative de reprendre la main sur un ancien parc de chasse, leur inconséquence ayant provoqué la fuite de cerfs sikas dans la nature, induisant des risques de pollution génétique pour les cerfs élaphes de la région.

LE NOUVEAU GOUVERNEMENT POINTE SON NEZ HORS DU TERRIER.

Sans transition, si ce n’est une petite journée, il nous a fallu attendre le 16 mai, pour connaitre le nom de notre nouveau Premier ministre, Elisabeth Borne. Cette nomination a d’abord été ressentie comme une douche froide pour nombre de ruraux, qui se souviennent de la bienveillance dont elle fit preuve à l’égard d’associations anti-chasse, lors de son passage au ministère de l’Ecologie (de juillet 2019 à juillet 2020). Les pires craintes suivant la réélection du Président de la République semblaient se confirmer, donnant raison à cet instant, à tous ceux qui fustigèrent la position de Willy Schraen affichant son vote pour Emmanuel Macron. Il fallut attendre encore le 20 mai pour que le nouveau gouvernement pointe son nez hors du terrier, et connaitre les nouveaux ministres en charge de la chasse. Amélie de Montchalin, peu connue du grand public, devient ministre de l’Ecologie et de la Cohésion des territoires ajoutant à la notion d’environnement celle de la ruralité.

Dans un communiqué, la Fédération nationale des chasseurs se félicite de cette nomination, et que l’écologie ne soit plus accaparée par des militants écologistes. Il est trop tôt pour dire si c’est effectivement une bonne nouvelle, mais au moins ce n’en est pas une mauvaise, et exit Barbara Pompili et Bérengère Abba. Quant au ministère de l’Agriculture, autre tutelle de la chasse, c’est l’homme pressé, Marc Fesneau, qui en hérite. Ministre des relations avec le Parlement, il représenta le candidat Macron lors de l’assemblée générale de La FNC, le 24 mars dernier. Il ne devrait pas tenir rigueur aux chasseurs de l’avoir malmené à cette occasion, lui qui devait défendre l’indéfendable tutelle de Barbara Pompili, et sans doute pressé de quitter la salle avait expédié un discours plus vite qu’une balle de 22-250. Souhaitons qu’avec un chasseur à la tête de ce ministère, la mère de toutes les réformes de la chasse, celle du système d’indemnisation des dégâts de grand gibier, soit enfin menée.

Pour l’heure, il n’y a donc pas de mauvaises nouvelles, mais notre sort ne sera de toute façon pas scellé avant les élections législatives, et la physionomie du gouvernement peut encore largement évoluer, pour le meilleur ou pour le pire. S’il n’est pas simple de savoir quel est le vote le plus utile pour notre mode de vie, il est en revanche aisé de savoir lesquels sont toxiques. Nous pensons évidemment à un certain leader, se voyant déjà « élu Premier ministre ». Les 12 et 19 juin prochains, il nous faudra viser juste !