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Bonne nuit les petits !

Entre nous, il n’y a pas de manière appropriée de réagir à une tragédie. Il en est en revanche qui franchissent les limites de l’indécence. Il en va de ses profiteurs de drames, qui n’ont que faire des douleurs humaines, et ne voient que l’intérêt qu’ils peuvent en tirer. Un exemple qui nous concerne, celui de Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle qui, pour faire le buzz sur une candidature végétative, crut bon de sortir de son chapeau, le lapin de l’interdiction de la chasse les week-ends et pendant les vacances scolaires. Il réagissait à un accident, un promeneur ayant été atteint par un tir en pleine poitrine. D’autres drames survenus cet automne, particulièrement la mort d’un automobiliste entre Rennes et Nantes, transformèrent cette proposition en mauvais thème de campagne électorale.

Qu’importe que cette idée soit sans doute anticonstitutionnelle, vraisemblablement inefficace et aussi stigmatisante, du moment que M. Jadot peut en tirer un avantage politique. Mais il nous faut considérer que la chasse et ses dangers sont désormais un sujet de préoccupation pour les Français. Toute comparaison avec d’autres activités parfois dangereuses, tout relativisme statistique, toute vérité démontrant que la chasse est finalement assez sûre, ne pèsent rien, évidemment, face à la mort d’un être humain. Nous devons donc nous préparer à répondre aux questions d’une opinion, d’autant plus inquiète, que la chasse est une réalité qui, pour elle, est de plus en plus lointaine.

La chasse est désormais un sujet de préoccupation pour les Français

Le succès de la pétition du collectif « un jour un chasseur » dépassant les 100 000 signatures, et obligeant le Sénat à lancer une mission sur la sécurité à la chasse est un signal fort. Les sénateurs se disent soucieux de rendre un avis éclairé, et de s’affranchir de l’émotion du moment. Mais quand on connait la nature du collectif et ses méthodes, il nous faut être vigilant. Né de la volonté des amis de Morgan Keane, un jeune homme tué dans son jardin par un chasseur il y a un an, ce collectif semble viser plus loin qu’une meilleure sécurisation des actes de chasse. Il est clairement anti-chasse. Il répand l’idée selon laquelle tous les chasseurs sont un danger, et établit même un parallèle honteux entre les crimes conjugaux et le fait d’être chasseur ou tireur. Les chasseurs se trouvent ainsi stigmatisés, tous violents, dangereux, et criminels en puissance.

Dans ce contexte, il n’y a rien d’étonnant à ce que l’épisode de l’attaque de l’ours sur un chasseur ait justement dévié vers la responsabilité de ce dernier. Plutôt que de s’interroger sur la pertinence des réintroductions, la responsabilité de l’Etat, et la cohabitation entre les hommes et les grands prédateurs, il est plus simple de créer une polémique suggérant que l’homme n’aurait pas dû être là. Pourtant, nous pouvons nous réjouir qu’il s’agisse d’un chasseur, car un simple promeneur n’aurait pu se défendre. L’ours comme le loup sont des prédateurs, et il faut logiquement s’attendre à d’autres accidents. Mais la haine du chasseur, érigée en projet politique, est un formidable étouffoir pour les vrais débats. Dormez tranquille brave gens, Yannick et ses amis veillent sur vous, et vous protègent du grand méchant chasseur.

Une note positive cependant, Nicolas n’importunera plus Pimprenelle. Allez, bonne nuit les petits !